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La vie à Ofra

Vivre son alya comme une renaissance, avoir le sentiment intense qu’une âme nouvelle vous habite lorsque vous avez posé le pied en Eretz Israël: c’est la chance qu’a eue la famille Birs qui est arrivée à Ofra en août 2006 dans le cadre de l’alya de groupe.

Tout commence quelques mois plus tôt: Myriam, Yossef et leur fille Tali pensent à s’installer en Israël. Ou plutôt ils y pensent sans trop y penser.

Et puis un jour, ils rencontrent Chalom Wach, qui dirige l’association Alya de Groupe (ADG).
Et là, c’est le déclic:
« Nous avons rejoint le groupe en cours de route puisque les autres familles avaient déjà passé ensemble deux séminaires. Durant ce shabbat, nous avons commencé à récolter quelques informations: qu’est-ce que l’alya de groupe? Quels sont ses avantages? Quelles possibilités s’offrent à nous? ».

C’est alors qu’arrive l’échéance du voyage d’étude. On  »case » la petite Tali et on prend l’avion pour une semaine d’excursions à travers le pays, de visites dans les localités d’accueil et dans des centres de formation, de rencontres avec d’ancien olim:
« C’est bien simple: j’étais tellement émue que j’ai pleuré durant tout la semaine passée en Israël. Tout m’éblouissait, un éblouissement venu de l’intérieur: les paysages, les gens, les synagogues. J’ai eu le sentiment qu’on me lavait de l’intérieur », raconte Myriam.

Bref, c’est un Yossef et une Myriam complètement retournés à qui Chalom Wach demande si, oui ou non, ils feront partie du  »cru 2006 » de l’alya de groupe.
« Il faut bien comprendre qu’à l’origine, nous n’étions pas du tout prêts à faire notre alya. Nous voulions attendre au moins encore un an ».
Sauf que? « Sauf que ce voyage a chamboulé tous nos projets. Nous avons ressenti tous les deux une espèce de certitude inexplicable, une conviction que nous ne pouvions pas attendre encore un an, que nous devions franchir le pas. Maintenant».
C’est dans la bibliothèque d’Ofra que la famille Birs dit oui, sans hésitation.

Et voici que le jour J arrive. Là encore, les Birs ne font pas les choses comme tout le monde puisqu’ils arrivent fin août alors que les autres familles du groupe sont montées ensemble, en juillet. « C’est une chose que je ne conseille pas. Les autres ont eu le temps de se reposer, de s’acclimater. Dans notre cas, trois jours après notre arrivée, nous nous retrouvions déjà à l’Oulpan ».

Les Birs arrivent à Ofra en pleine nuit: « Nous avons eu droit à un comité d’accueil que je n’oublierai jamais.
Les gens nous attendaient, en pyjamas, avec des pizzas. C’était irréel ». Mais la réalité pointe vite son nez, dès le lendemain en fait: « Se réveiller dans une maison vide, sans repères, c’était dur.
Mais je pense que c’est une étape normale. Pendant quelques temps, nous avons ri et pleuré en alternance ».

C’est là qu’intervient le groupe: « Il te porte comme une famille le ferait. Il t’empêche de te sentir déraciné. Pour ma part, je ne sais pas si j’aurais pu supporter d’arriver anonymement dans une ville que je ne connais pas. Car l’alya est une expérience difficile, c’est une expatriation, avec toutes les difficultés que cela comporte. Mais vivre ces difficultés au sein d’un groupe réduit beaucoup les angoisses et les craintes ».

Un autre avantage à l’alya de groupe, selon Myriam: les nombreuses aides accordées aux enfants olim: « L’oulpan de Tali était inclus dans l’école, ce qui est un véritable plus. Notre fille a été épaulée par une professeur d’oulpan extraordinaire et le fait de rester dans le cadre de l’école lui a permis de créer très vite des liens sociaux ».

Deux ans après, Myriam et Yossef ont commencé à travailler. Myriam, qui est styliste, a créé une lignes de vêtements pour enfants et jeunes filles et fabrique des accessoires de mode à porter au quotidien: « Financièrement, la vie est dure, ne nous mettons pas d’œillères. C’est pourquoi il ne faut surtout pas s’asseoir sur ses lauriers. Il ne faut pas avoir peur de travailler d’arrache-pied tout en se rappelant qu’ici, ces efforts ne sont pas vains: on œuvre pour quelque chose de grand, quelque chose qui nous dépasse ».

Mais l’alya est surtout une ascension spirituelle: « Notre soif de connaissances est énorme, nous voulons rattraper le temps perdu en France », nous confie Myriam, qui conclut: « Personne n’est laissé sur le carreau, Hashem veille sur tous. Mais ce qui est certain, c’est que ce n’est qu’ici que tout prend son sens ».

Reproduit avec l’aimable autorisation du magazine Hamodia en langue française.